Retour de vacance…

Le mot vacance prend généralement un connotation ludique et bienfaisante. Avec les événements récents, on commence à se douter que le mot est doté de plusieurs synonymes pas forcément positifs. Dans ce cas-ci, le mot absence est pertinent. Le navire était bien accosté mais pas d’équipage à bord. Il y a bien eu quelques rares mises à jour mais le capitaine-moussaillon était captif d’autres projets. Cela n’était pas forcément la galère mais cela n’en était pas moins une forme de détournement.

Sachez que le coup d’envoi est donné, les amarres sont larguées, on hisse les voiles et la coque fend l’eau. Déjà une formule un peu plus épurée, une présentation plus à mon goût… Le conseil régional culture côte-nord n’est pas étranger à ce retour à la motivation. Merci à Marie-France Brunelle, Georgette Koblan et Marie-Jacques Rouleau, chacune à sa façon…

Photoshop et le pictorialisme

Je prépare présentement une conférence sur le photographe Ansel Adams. Certains éléments de recherche m’ont fait réaliser à quel point l’histoire est un éternel recommencement, que plus ça change, plus c’est pareil…

Ansel Adams est reconnu pour ses magnifiques paysages dans le parc national de Yosemite et dans le Sierra Nevada. Ses images sont des références et des icônes de la photographie. Moonrise, San Hernandez, New Mexico date de 1942 et l’un de ses tirages fut vendu chez Sotheby’s pour 609,600$ en 2007. Cela vous donne une idée de son impact sur le monde photographique. C’était un maitre de la chambre noire. Il est à l’origine du fameux « zone system » qui permet une maitrise de l’exposition et du contraste encore applicable en numérique.

Ce que l’on doit retenir, c’est qu’il est aussi l’un des fondateurs du groupe f64 dans les années 30, qui fit la promotion de la « photographie pure » et qui s’opposait au pictorialisme, la tendance dominante en photographie depuis la fin du XIXe siècle. Ce courant cherchait à porter la photographie au rang des Beaux-arts. La chose est louable en soi mais il le fait en cherchant à simuler la peinture ou l’eau forte. La manipulation du négatif était une technique très prisée à l’époque. Pour plusieurs, cette distanciation du réel revenait à dénaturer la photographie qui est avant tout la capture de la réalité. Le groupe f64 considérait que la photographie est un médium artistiquement autonome et sûr de lui, qu’il n’a pas besoin de références ou de tutelle pour accéder aux Beaux-arts. La photographie contemporaine a d’ailleurs relevé ce défi.

Ce qu’il faut retenir de ce débat, c’est cette distanciation d’avec le réel. Si ce débat s’était passablement atténué au fil du temps, l’imagerie numérique l’a ravivé de façon spectaculaire.

Lors de sa création en 1989, Photoshop s’adressait surtout aux graphistes. Sa complexité en est d’ailleurs le reflet. Avec l’arrivée de la photo numérique, le mariage ressemble à une pub célèbre de Spic & Span. « C’est dans l’eau qu’il prend toute sa force! » On peut faire ce que l’on veut avec Photoshop. Les tenants du groupe f64 sont les premiers à mettre un logiciel de traitement d’image à profit. Ansel Adams lui-même fut un Photoshoper avant l’heure. Optimiser et mettre en forme pour un tirage ou une impression numérique. La question est de savoir : jusqu’où optimiser…

Le monde change, mais il change au point où les pictorialistes sont revenus en force et se vautrent dans les algorithmes jusqu’à plus soif.  On parle désormais de « réalité augmentée ». Le plus bel exemple est le fameux HDR (High Dynamic Range) qui peut vous déboucher des ombres façon Drano. La chose a du bon mais les dérapages sont nombreux et cette fameuse distanciation d’avec la réalité revient au goût du jour. Le domaine du portrait est particulièrement touché. Les paysages qui abondent sur internet n’existent que trop souvent dans le virtuel. Rendez-vous sur place, vous serez déçus…

Photoshop est un outil merveilleux et permet des envolées lyriques en création graphique, en illustration mais pour la photographie en particulier, c’est comme au billard, les meilleurs coups sont souvent le fruit de la subtilité.

Éphémère revisitée

Il y a 5 ans, une exposition particulière s’est accrochée sur les murs de la salle l’Aquilon de la bibliothèque Louis-Ange Santerre de Sept-Îles. Retour sur l’événement et sa mise en œuvre.

Tout commence par une visite chez Myriam Caron, vidéaste et écrivaine septilienne dont la réputation dépasse largement la côte-nord. Auteure de deux livres marquants, Génération pendue et Bleu, elle avait l’appui de l’auteur François Avard et de l’éditeur Jean Barbe. Cependant, Myriam était avant tout une vidéaste accomplie. Elle a œuvré principalement pour le compte de TéléQuébec mais s’est fait connaitre plus largement avec Surf Boréal_le film, qu’elle a produit avec son conjoint de l’époque, Mathieu Crépeau, et qui lui a valu le prix du meilleur film canadien au Canada International Film Festival de Vancouver quelques semaines auparavant. Mat est pilote d’avion mais sa passion est le surf qu’il pratique même en hiver.

Fin mars 2013, donc, on sirote un café cognac et la vue sur la plage Routhier déclenche en nous une irrépressible envie de sortir prendre l’air. On a passé l’après-midi au travers des blocs de glace fondants étalés sur la grève. Manuel (le fils de Myriam) et Whisky le chien noir qui court partout, nous accompagnent. On déclenche frénétiquement. Jusqu’à l’épuisement des piles! 600 photos au total. On s’est dit qu’il fallait faire quelque chose avec ces images-là.

A mon retour de Fermont, en novembre, on sirote encore un café cognac et la sortie de mars revient sur le tapis. Au printemps, j’avais évoqué la possibilité d’en faire une exposition. Myriam lutte contre une tumeur au cerveau depuis deux ans déjà. Sa « méduse » comme elle disait si bien. Il était temps de concrétiser. Et cette phrase qui me restera toujours en mémoire. « Tu sais moi, c’est l’urgence de vivre » …

D’autant plus que le mois suivant, un traitement de chimio s’impose à nouveau. On a fait la sélection des images, ce qui n’est pas une mince tâche. 38 photographies ressortent.

J’ai en mémoire des nuits de décembre peuplées d’appels téléphoniques alors qu’elle était en traitement à Québec. « François! J’ai une idée! » Hallucinant. C’est qu’on a intégré à l’exposition des extraits de son dernier roman, Bleu, qui n’était pas encore paru. On a fait coïncider le lancement du livre avec l’exposition en mars 2014. J’ai assumé la mise en forme, le traitement image, les impressions, fourni les cadres. Mat s’est chargé de l’aménagement physique et du montage. Myriam a produit un film d’une trentaine de minutes sur les glaces flottantes en bord de mer. Éphémère_Le film est d’autant plus zen qu’il inclut une trame sonore minimaliste composée par Pascal Asselin (Millimetrik). Les extraits de Bleu furent imprimés sur des panneaux de 17×22 po et suspendus sur fond de velours bleu marine.

Après un séjour à l’Élyme des sables, la méduse a achevé son œuvre. « Mimi » s’est éteinte en janvier 2015. Je vous suggère de lire Bleu, de Myriam Caron, aux éditions Leméac

« Tu sais, moi, c’est l’urgence de vivre… »

 

Et c’est reparti!

Après un début fébrile, le site est tombé au point mort. Plus d’essence, en fait. La route a été longue jusqu’à la station et le retour encore plus.

Une chose est certaine, le réservoir est plein et le voyage se poursuit! Un remaniement de l’interface du site est venu avec celui du menu. Il reste quelques ajustements à faire à la structure de menus mais tout devrait baigner dans l’huile sous peu. Une page s’est ajoutée au volet exposition. La côte / Hors-Saison et La relation avec l’appareil s’est enrichie d’un épisode Flash… Bon visionnement!

Les flashs : le mal nécessaire et l’ambiguïté…

Il y a une relation amour et haine entre les flashs et moi. L’utilisation du flash se fait toujours en dernier recours. L’achat d’un flash est pour moi une nécessité sans plaisir. Mon premier flash demeure un mystère. J’ai un vague souvenir d’un flash Braun, mais aussi d’un Mecablitz…

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Les contributions organiques

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La mer est source de vie. C’est là que tout a commencé. On peut s’en faire une bonne idée. Ici la vie s’installe dans les recoins, dans les replis de roc comme des poches d’incubation à l’air libre.

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Structure poétique des minéraux

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Deuxième volet de Baie Johan Beetz. Tout au long du parcours, le regard se fait plus intimiste. Il suffit de s’accrocher aux détails dans le deuxième volet pour constater à quel point structure poétique des minéraux est un titre pertinent.

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Baie Johan Beetz

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Baie Johan Beetz se présente en trois volets. Trois approches successives qui vont dans le sens de la découverte du lieu même. Un voyage qui va du survol à l’intimité. Cet ouvrage est destiné à une diffusion plurielle. Un projet d’exposition en salle et de cahier photographique sont en développement.

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Le premier volet a pour titre L’érosion des berges ne sera pas ici. Dans les jours à venir, suivront la Structure poétique des minéraux et les Contributions organiques.

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